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CONNECTIVITES & TROUBLES PSYCHIQUES
A. Jarraya
I--Introduction
Les Collagénoses ou Connectivités, regroupent des troubles caractérisés anatomiquement, par la dégénérescence de la substance fondamentale du tissu conjonctif, avec des lésions de vascularite et des nécroses fibrinoïdes.
Leur origine n'est pas connue avec certitude; elle associe des hypothèses virales, génétiques et immunitaires.
Elles touchent le tissu conjonctif, de plusieurs organes, d'où le nom d'affections "systémiques".
Ce sont surtout les atteintes vasculaires, dont le siège et l'étendue conditionnent, déjà le tableau clinique, et surtout le pronostic, et donnent aux divers tableaux cliniques leurs diversités:
Lupus Erythémateux Disséminé ou LED
Péri Artérite Noueuse ou #9; PAN
Sclérodermie Généralisée ou SG
Dermatomyosite DM
Polyarthrite Rhumatoïde (PR)
Syndrome de Gougerot Sjögren GS
Polychondrites atrophiantes ( PA)
Syndrome de WEGENER (SW)
On en rapproche , pour certains, la maladie de Behcet, qui associe elle aussi, des troubles immunologiques à ses désordres cliniques et vasculaires; nous en dirons un mot à la fin de cet exposé, sur le plan des troubles psychiatriques.
Toutes ces maladies ont des points communs cliniques & biologiques; elles réalisent des formes frontières, limites , entre deux tableaux, chez le même malade ou chez ses proches:
-Un syndrome inflammatoire évoluant par poussées.
-Des anomalies immunitaires, variables en type et en degré.
-Parfois des désordres vasculaires et neurologiques.
Leur pronostic a été considérablement amélioré par la corticothérapie et par les Immuno-suppresseurs. Autrefois il était assez sévère.
Elles incluent assez fréquemment, des troubles de la série psychiatrique, liés , soit à la maladie elle-même, via des médiateurs et des mécanismes neurophysiologiques, ou via la perception du sujet par lui-même, ou encore via les produits à visée thérapeutique.
Quelquefois, il s'agit de co-morbidité, et l'imputation du trouble psychiatrique à la maladie du collagène ne semble pas bien fondée.
Nous allons essayer d'examiner, rapidement ces problèmes, pour tenter d'en tirer une conclusion pratique
II--Les troubles psychiatriques:
Des troubles psychiatriques sont fréquents dans les collagénoses:
Ils peuvent être soit :
-Aigus dans le LED soit
-Chroniques et fréquents dans le SG
Les autres connectivités, donnent rarement des troubles psychiques.
Ils sont rarement isolés ou inauguraux.
Ils peuvent relever de plusieurs ordres de facteurs : on peut en distinguer schématiquement trois grands axes:
-aigus :
poussée évolutive du mal ou complication cérébrale - Prolongés ou "Chroniques":
-Réaction psychologique à la maladie, et mettant en cause l'économie personnelle psycho-pathologique du sujet.
-Iatrogènes en réaction au traitement:
le plus souvent à la corticothérapie.
Leur traitement nécessite un bilan étiologique, soigneux visant à cerner les différents paramètres en jeu :
Mécanisme inflammatoire, antécédents psycho-pathologiques, et éventuellement facteurs iatrogènes.
III --ETUDE DES TROUBLES PSYCHIATRIQUES DES CONNECTIVITES:
La littérature médicale n'est pas très abondante en ce domaine:
On trouve des articles et même une mise au point, sur les affections les plus courantes: Lupus le plus couramment:
On trouve, entre autres, un travail de synthèse aux USA par Patricia M.MOORE & Robert G. LAHIRA (11) :
Mais on a beaucoup plus de mal à trouver des écrits récents sur les autres collagènoses, en particulier PAN et le Syndrome de Gougerot- Sjögren, tout au moins dans le champ des troubles psychiatriques.
Sauf à prendre le risque de signaler ce qui ne sera que simple co-morbidité chez un même sujet.
On connaît le travail classique, mais un peu ancien d'Alexander et son équipe(24 ), et de Ferreiro (25 ) qui remontent déjà à une dizaine d'années
Kahn et collaborateurs colligent les troubles en 1988 il y a dons là aussi dix ans(27).
Il le rappelle succinctement dans un travail de 1991 (26)
Les choses tournent autour du problème de la vascularite et de ses répercussions psychiatriques .
On trouve par contre, une littérature relativement abondante, sur la maladie de Behcet, affection très fréquente en notre pays, et sur laquelle nous avions eu l'occasion d'attirer l'attention, du côté psychiatrique, il y a une vingtaine d'années, au Congrès Maghrébin de Médecine en 1977 pour les troubles dépressifs avec notre collègue Abdelahamid JARRAYA.
Mais si la littérature abonde sur les troubles neurologiques, voire "neuro-psychiatrique" dans cette maladie, elle reste assez discrète sur les manifestations plus spécifiquement psychiatriques: il y avait effectivement un problème méthodologique, qui gênait une étude correcte : la parution des critères diagnostiques objectifs, sous impulsion américaine ( DSM II-R & DSM IV, & CIM 10 ) ont favorisé une étude plus objective et permis des comparaisons qui auraient paru hasardeuses, il y a une dizaine d'années.
D'où notre insistance, à rappeler les critères méthodologiques du diagnostic psychiatrique: malgré leur côté quelque peu aride, lls garantissent une comparaison plus objective des données.
I--L. E.D.--Ou L. E.S. (systémique) Rappel du tableau clinique
L.E.S.
-Atteint des femmes jeunes en période d'activité génitale
Tableaux cliniques très divers en fonction des territoires atteints (degré et topographie)
-Signes Généraux :
-Atteintes cutanées:
-Photosensibilité
-Atteintes articulaires.
-Atteintes "viscérales" :
cardiaques, pleuro-pulmonaires, rénales (syndrome néphrotique)
-Atteintes neurologiques, souvent péjoratives, et liées au moins partiellement, aux troubles psychiatriques observés(épilepsies)
Il y a un conflit auto-immun, avec précipitation disséminée, multiple d'immuns-complexes: auto-anticorps, de nombre varié, qui attaquent un certain nombre de cellules-cibles, d'où le caractère systématisé et diffus des lésions multiples.
Ce trouble reste sévère, malgré la thérapeutique moderne; corticothérapie et immunosuppresseurs; la survie à 10 ans avoisinerait 80 % actuellement.
EPIDEMIOLOGIE DES TROUBLES PSYCHIQUES DU L.E.S.
1- Description initiale de KASSAN S.S. & LOCKSHIN MD, en 1979, I (in Nollet 18) .
Evaluations nombreuses, dans leur fréquence épidémiologique par plusieurs auteurs:
Complications neurologiques: 1-Epilepsie 2- troubles psychiatriques Prévalence variable selon les auteurs entre 10% & 50 % Les critères d'inclusion et de classification sont antérieurs à l'usage généralisé des critères diagnostiques du DSM III, de la révision DSM III-R et du DSM IV, ce qui laisse des doutes sur les critères du diagnostic psychiatrique utilisé alors.
Classiquement, on disait qu'ils
atteignent généralement une femme entre 20 & quarante ans. Surviennent quelques mois après le début des troubles lupiques proprement dits.
Il y a eu des formes neurologiques, ophtalmiques mais psychiatrisées à tort, parce que méconnues, mais c'est très rare :
STOUDEMIRE, A. & col. en 1982 , en ont rapporté un cas qui fut pris pour une cécité hystérique, au début. in Am. J. of Psychiatry (23)
Etudes plus récentes (utilisant le DSM III-R ou Le DSM IV):
HUTCHINSON GA, NEHALL JE, SIMEON DT en 1996 (1)
Signalent avec les critères psychiatriques internationaux et modernes (DSM III R) montrent sur une série de LES comparée à une série de sujets porteurs de maladies chroniques, pour éliminer l'effet maladie chronique, et à des témoins bien por- tants:
Lupus E. S. 45 sujets Témoins Maladies
Handicapantes invalidantes 44 sujets
Témoins bien portants 48 sujets Patients de consultation externe de Hôpital général de Trinidad (Antilles)
Méthode de l'interview structurée:
RESULTAT:
Grande fréquence des troubles psychiatriques dans les deux groupes:
L. E.S. 44 % de troubles mentaux Autres maladies invalidantes 39 % " " "
Fréquence chez des sujets
non porteurs de maladie #9; #9; 2 % donc Significatif
(p< 0.001 )
Les formes de troubles psychiatriques les plus couramment trouvées:
Dépressions majeures chez les deux groupes Cependant il existe aussi des troubles psychotiques, dans le groupe du L.E.S.
De TYPE SCHIZOPHRENIFORMES De type BIPOLAIRE (maniaco-dépressif)
Troubles psychotiques:
Patients L.E.S. 11 % Patients longue maladie 1 % Témoins bien portants 0 % Significatif p < 0.02
Conclusion: Les troubles psychotiques semblent liés plus volontiers à l'effet "maladie chronique" qu'à la maladie lupique en elle-même (1)
Certains auteurs, utilisant la méthode des test psychologiques proposent d'inclure des troubles psychologiques plus difficilement évaluables par la seule méthode de l'examen clinique, si l'on peut toutefois, s'en donner les moyens
Il s'agit de troubles tels que
-l'anxiété mais quantifiée par des échelles à visée comparative -Troubles et déficits cognitifs , étudiés par des échelles étalonnées
-Détresse ou sentiment de détresse émotionnelle à la condition de "quantifier " par des échelles reproductibles ( en pratique il y a les prob- lèmes d'adaptation à la langue et à la culture et celui du traitement informa- tique en pratique en nos pays)
Ceci permettrait de dépister très tôt les troubles dépressifs liés au L.E.S.
DENBURG SD, CARBOTTE RM & al. May 1997- Hamilton-Canada; voir (3) Ils sont extrêmement polymorphes:
on les différentie en aigus & chroniques
Non corrélés au passé obstétrical de la patiente , ni à son âge.
Corrélés aux troubles neurologiques associés. Corrélés aux antécédents psychoaffectifs majeurs du sujet, antérieurs à la survenue du LES Nollet 1985 voir (18)
Etude Sud Africaine Cape Town juin 96 : HUGO, FJ, HALLANND AM &al. voir (4)
Critères Diagnostiques DSM III R Cohorte : 88 cas de L.E.S. Résultats
Troubles psychiatriques 18.2 % Troubles de l'adaptation #9; #9; 11.4 % (stress et événements de vie) tests psycho :
-scores bas aux échelles qui ciblent l'adaptation aux événements de vie.
- scores bas aux échelles cognitives.
ces deux scores :
- sont corrélés aux troubles psychiatriques,
- ne sont pas corrélés
-ni Aux poussées évolutives du L.E.S. - ni Aux cures ni doses de corticostéroïdes - ni Aux modifications des tracés EEG - ni à l' Imagerie IRM du cerveau
Donc non-corrélation aux indices de l'évolution des troubles organiques
ET ce sont des troubles à l'adaptation sociale qui prédominent
TROUBLES PSYCHIATRIQUES AIGUS DU L.E.S.
Syndrome cérébral organique Etats Psychotiques
Troubles thymiques majeurs:
Syndromes Dépressifs majeurs avec Tentatives de suicide Accès Maniaques
1-Les états psychotiques aigus:
5 % des Troubles psychiques dans le LES Tableaux schizophréniformes d'installation aiguë avec TROUBLES MOTEURS DE TYPE CATALEPSIE Mutisme Retrait social SYNDROME DELIRANT de type paranoïde,
avec thèmes interprétatifs,
(persécution par exemple)
attitude oppositionnelle; Hallucinations auditives, et parfois syndrome d'influence ;
Des tableaux clinique psychiatriques mal systématisés et fugaces
Leur évolution peut être favorable, résolutive, soit spontanément, soit sous traitement. Plus rarement, cette évolution se fait vers un tableau de type schizophrénique indifférencié avec réduction des comportements psychomoteurs et relationnels (retrait social)
On a appelé ces tableaux des "psychoses fonctionnelles" ;
on peut les qualifier de "Réaction psychotique"
2- Le Syndrome Cérébral Organique ou Etats Confusionnels en Terminologie française classique ou " Deliriums " en terminologie internationale (DSM III R, ou DSM IV)
-Troubles de la conscience, depuis l'obnubilation jusqu'à la stupeur.
-Désorientation Temporo-Spatiale, avec troubles mnésiques - Composante onirique, avec hallucinations visuelles et auditives riches
-Installation brusque du tableau .
-Variabilité nycthémérale de la profondeur du des troubles; (signe très important en pratique)
-Association de ces troubles à une anxiété assez vive, et de la perplexité (perplexité anxieuse des anciens auteurs: prise de conscience par bribes du déficit attentionnel).
-Altération de l'état général;
Tous ces éléments facilitent le diagnostic.
-On a décrit des SCO mixtes, avec troubles thymiques associés aux troubles déjà vus:
Ceci nécessite une analyse sémiologique fine, pour évaluer les intrications diagnostiques.
SYNDROMES DEPRESSIFS Majeurs 15 % des troubles du L.E. S.
Tableau mélancoliforme avec la douleur morale classique Tableau de mélancolie anxieuse où prédomine l'agitation psycho- motrice, avec risque élevé de passage à l'acte suicidaire (psychoses affectives des auteurs américains).
ETATS MANIAQUES
rares, habituellement liés à un excès de corticoïdes "psychose cortisonique"
TENTATIVES DE SUICIDE
-Réactions psychotiques
- Syndromes Dépressifs majeurs -Syndromes Cérébraux Organiques (S.C.O.)ou deliriums en classification DSM I V
Surtout chez le sujet ayant déjà des antécédents suicidaires avant le LES
Ils nécessitent le transfert en milieu spécialisé.
2-TROUBLES MENTAUX CHRONIQUES:
- Syndromes dépressifs modérés ou légers - Troubles anxieux -Manifestations névrotiques -Syndromes psychotiques chronicisés
Les évolutions démentielles décrites chez certains auteurs classiques sont en fait exceptionnelles.
2-1-Les SYNDROMES DEPRESSIFS MODERES A LEGERS
-Très fréquents dans un L.E. S.(10 à 40 % selon les séries) -Etats dépressifs réactionnels aux difficultés nées de la maladie - Etats dépressifs contemporains ou concomitants de la poussée évo- lutive ou parfois même la précédant de peu.
-Labilité de l'humeur fréquente et imputée aux corticoïdes le plus souvent
- Souvent les troubles sont masqués par l'inhibition et révélés par les tests psychologiques.
2-2--LES MANIFESTATIONS ANXIEUSES
Très fréquentes dans les LES -Troubles paniques parfois -Anxiété chronique parfois -Anxiété avec composante dépressive parfois - Troubles phobiques ou troubles obsessionnels (TOC ) ont été décrits : le plus souvent, ils sont imputables à la personnalité pré-morbide du sujet, avant le LES.
2-3--PSYCHOSES CHRONIQUES Type schizophrénie ou type paranoïde, sont liées à une co- morbidité psychiatrique concomitante de la maladie lupique
Une rare évolution déficitaire a fait évoquer une lente détérioration progressive.
2-4- ATTEINTES de la SANTE MENTALE : Statut de la Santé Mentale du sujet :
Travail norvégien : OMDAL R, HUSBY G., MELLGREN SI. -1995 voir (9) COHORTE:
43 sujets L.E. S. versus 32 témoins sujets bien portants METHODE :
Questionnaire General Health questionnaire version GHQ 30 RESULTAT.
Malades LES : 46.5 % des troubles psych. non psychotiques
Témoins 15.6 % --significatif (p< 0.01) Types de troubles:
Dépression et difficultés d'adaptation
Malades "LES" > > témoins
Malades "LES" ont une corrélation entre troubles mentaux et les moments évolutifs de la maladie, ou encore avec les manifestations neurologiques du "LES".
2-5--TROUBLES COGNITIFS CHRONIQUES
Seraient fréquents La psychométrie des lupiques n'a pas permis de dégager un profil de personnalité spécifique (Kremer, in Nollet 20)
Par contre , une étude prospective et comparative a montré que
80 % des malades ayant des troubles neurologiques et/ou psychiatriques, actuels ou dans les antécédents, ont des
-troubles cognitifs: -Non corrélés à la corticothérapie -Non liés au vécu de détresse psychologique Carbotte et al.1968 in NOLLET (18,)
4- DIAGNOSTIC DES TROUBLES PSYCHIQUES
Rarement difficile en soi.
-Difficultés encas d'intrication avec pathologie psych (co-morbidité) Imagerie Scanner et IRM le facilitent Examen CLINIQUE PSYCHIATRIQUE RESTE CAPITAL
- ASPECTS ETIOPATHOGENIQUES
Brièvement:
-Aspects psychologiques:
1-Antécédents psychologiques individuels et personnalité du sujet, avant l'apparition des troubles (personnalité pré-morbide): -l'existence d'antécédents suicidaires, avec récidives après les connectivités :
doivent faire bien discuter l'imputabilité de ces conduites suicidaires, et faire écarter une imputation quasi -automatique au problème des connectivités.
2-Mode de vie du sujet, et charges en stress, concomitants aux troubles, mais qui ne doivent pas faire imputer ces stress et leurs conséquences au seul problème des connectivités, même si ces dernières sont par ailleurs stressogènes.
Travail de KARASZ A., OUELLETTE SC, New York 1995 voir (6) Cas féminins de LES :
Etude de la sévérité des troubles du LES sur les troubles spécifiquement psychiatriques, de patientes souffrant de LES, et son impact sur le rôle professionnel et les prestations valorisantes:
On constate deux choses: pour des troubles physiques de gravité comparable, on trouve des impacts psychologiques très différents d'une patiente à l'autre. -Certaines ont déprimées ou anxieuses; - D'autres patientes non. La différence entre elles : la détresse psychologique par la tension liée au rôle social:
Celle qui estime que ses troubles l'empêchent de remplir un rôle social valorisant, se sentira dé- primée.
D'où l'importance de maintenir le rôle social des patientes atteintes de LES. pour leur éviter des complications psychiatriques.
-Mode de réaction au vécu de maladie SHORTALL E., ISENBERG D., NEWMAN SP. ,1995 Lupus août 4, (4), 272-9 voir (7)
Les troubles de l'humeur ne sont pas corrélés avec les moments évolutifs du LES
Mais ils sont liés aux facteurs psychologiques & sociaux appréciés, et évalués par des tests et des questionnaires .
-Troubles cognitifs indépendants de l'évolutivité de la maladie : ils dépendraient beaucoup plus volontiers d'un compromis immunitaire, à soubassement neuronal, que d'un effet non spécifique soit de la maladie chronique, soit de son traitement.
Carbotte RM, Denburg SD, Denburg JA-1995--J Rheumatol. May 95 voir (8 )
-Mode de réaction aux restrictions-frustrations liées à la maladie et au traitement. -Motivation au traitement: une personnalité vulnérable dépendante, ne garantit pas une bonne observance thérapeutique.
-Aspects Iatrogènes: cortico et leur tolèrance Sensibilité individuelle aux Corticoïdes Imputabilité des troubles psy aux corticoïdes étude de Nollet sur 35 malades, de façon prospective, en 1985: seuls trois malades manifestèrent des troubles psychiques. voir (18)
D'autres auteurs pensent qu'il n'y a pas de corrélation entre les doses de corticoïdes et les troubles observés
-On peut observer, en début de traitement, un état d'excitation passager, voire une excitation hypomaniaque, ou un état dépressif.
Un tableau psychiatrique d'allure psychotique associant
insomnie, hallucinations, idées délirantes, se voit beau- coup plus rarement : un Pour cent selon certains auteurs:
C'est ce qu'on avait appelé "la psychose cortisonique"
Ceci nécessite un ajustement des doses sans contre-indiquer les corticoïdes.
Anti-paludéens de synthèse, et quelques cas de troubles psy- chiatriques
-Dépressions ou delirium régressifs à l'arrêt du traitement
-Aspects encéphaliques:
-Anatomie pathologique Vascularites cérébrales Conflits immunitaires sur les vaisseaux, et syndrome psycho-organique secondairement
VI--Traitement
Cortico fonction du risque tolérable en psychotropes à la demande Psychothérapie modulée selon les possibilités du patient (e) -Repérer les répondeurs aux stress , des non -répondeurs par des questionnaires. pour prédire les réactions d'anxiété ou de stress, et programmer leur prise en charge ( Adams SG Jr; Dammers Pm , Saia TL; Brantley PJ, Gaydos GR -1994 voir (13)
Réduction du coût du traitement, en "personnalisant le traitement: Séparer les sujets ayant un fonctionnement mental et physique bas et une douleur importante des sujets ayant un fonctionnement mental riche: traitement adapté surtout de dimension psychothérapique: le coût des sujets à fonctionnement mental pauvre est le plus élevé : de 1.6 fois à 3 fois le coût moyen.
VIII TROUBLES PSYCHIQUES AU COURS DES AUTRES CONNECTIVITES
pronostic vital en jeu : décès 10 ans PAN 50 % WEGENER 30 % DM 20 %
Pour GS troubles mentaux chroniques
GS Perturbations de la personnalité dans 50 % des cas
Etats dépressifs rares
Il s'agit de troubles de l'humeur, du caractère, et de plaintes somatiques (Solomon 1970 New York in NOLLET 18 )
Une étude prospective de Malinov (1985 ) portant sur 40 patientes, trouve que 62 % des patientes de 40 ans ou plus ont des troubles psychiatriques (21)
D'abord des troubles de l'humeur (50 %) -Dépressions -Etats d'excitation hypomanie Troubles de la personnalité (33 %) -personnalités hystériques -Etats d'anxiété aigus -tendance à la somatisation Les troubles de la série psychotique sont exceptionnels; ils relèvent d'une co-morbidité le plus souvent :
Morbidité cérébrale évoluant pour son propre compte :
Basedow et GS Aumaître et al. 1986 (22) Morbidité psychiatrique préexistante, ou concomitante indépendante :
En repérant par des tests, ou des questionnaires les malades à deux moments évolutifs différents on repère deux choses:
-Des malades qui ont des troubles mentaux liés aux connectivités,
-Ceux qui, tout en ayant une connectivite et des troubles mentaux, présentent en fait une pathologie mentale qui évoluait pour son propre compte et qui ne doit logiquement pas être rattachée à la connec- tivite, ni lui être rattachée.
MALADIE DE BEHCET
Nous serons bref ici:
En 1977, nous avions attiré l'attention au Congrès Maghrébin de Médecine à Tunis, sur la fréquence des troubles dépressifs réactionnels chez les sujets porteurs de Behcet : nous trouvions près de 30 % de notre série et nous nous demandions si nous n'avions pas péché par un biais méthodologique, car ce chiffre nous semblait élevé. il l'était et probablement l'échantillonnage y était-il pour quelque chose.
Il n'empêche: le sujet porteur d'un Behcet, est atteint de troubles "de longue durée" et l'on peut lui appliquer les considérations vues à propos des LES. Il y aussi, les innombrables cas de co-morbidité, surtout avec des Neuro-Behcet. Notre collègue Madame Samia Galand-Attia, en a rapporté (19) un cas en 1988 dans La Tunisie Médicale: il y était conclu à une co-morbidité.
Nous avions nous-mêmes rapporté, plus récemment, l'observation d'un patient schizophrène et paraplégique, qui s'était révélé, à l'enquête anamnestique être un neuro-Behcet paraplégique, récemment, et plus anciennement un schizophrène ; Là aussi, il s'agissait de co-morbidité donc; la seule difficulté était celle d'un bon suivi médical, compte tenu de son lieu de résidence.
La littérature est très riche des manifestations neurologiques des cas de maladie de Behcet.
Mais il faudrait des études plus rigoureuses, incluant des tests et questionnaires adaptés au terrain, arabisés, et utilisés largement à grande échelle, et des psychologues dotés de l'outil informatique, pour les analyser et les dépouiller.
Nous commençons à utiliser, expérimentalement certaines échelles. Un travail à l'échelle maghrébine pourrait se montrer plus judicieux.
Le professeur Sleïem AMMAR a ouvert la voie en ce sens avec l'arabisation tunisienne du MMPI effectuée par le professeur Agrégé Abdelaziz JAOUA sous sa direction. Ce travail avait été primé l'an dernier.
Il est encore tôt pour impliquer l'immuno-neuro- modulation dans la pathogénie de ce type de troubles: si le savoir scientifique pur a progressé, dans le sens de la dépression des moyens de défense immunitaire, corrélée à un état de stress et aux états de dépression psychiatrique .
Son application au terrain demandera encore des délais matériels, avant de pouvoir nous donner des résultats exploitables.
terminons donc sur une note d'espoir.
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