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LE LUPUS ERYTHEMATEUX SYSTEMIQUE AU MAGHREB
LE LUPUS ERYTHEMATEUX SYSTEMIQUE AU
MAROC.
166 OBSERVATIONS
HARMOUCHE H, ADNAOUI M, MEZAALEK - TAZI Z,
AOUNI M,
MOHATTANE A, MAAOUNI A, BERBICH A.
Service de Médecine interne, Hôpital Avicenne Rabat
Le lupus érythémateux systémique(LES) est
une connectivite fréquente dotée d'un grand polymorphisme clinique,
caractérisée par la production d'auto- anticorps responsables des principales
déterminations de la maladie.
Nous
avons colligés 166 cas de LES successivement
dans le même service de Médecine Interne de l'hôpital Ibn Sina de Rabat,
entre janvier 1990 et
décembre 1999.
Cette série a comporté 151 femmes et 15
hommes, marocains, dont l'âge moyen au moment de la première hospitalisation
était de 31 ans, l'âge moyen au moment
du premier signe de la maladie était de
28,5 ans. Le diagnostic a été retenu selon les critères de l'ARA de 1982.
Ainsi
nous avons retrouvé des manifestations rhumatologiques dans 97.6%, dermatologiques dans 92, 1 % des cas,
hématologiques dans 84,9% des cas, rénales dans 49,4 % des cas, cardiaques dans
44 % des cas, respiratoires dans 37,9% des cas, neuro - psychiatriques dans
36,7 % des cas, digestives dans 13,9 % et oculaires dans 12 % des cas.
Un
syndrome des anti-phospholipides (non recherché systématiquement) a été retrouvé
dans 8,4 % des cas. Nous avons aussi relevé un cas de lupus
induit par l'isoniazide, un cas d'amylose et un cas de
lupus chez l'enfant.
La majorité des grossesses survenues chez les femmes lupiques ont été
programmées et suivies.
23 maladies associées soit 13, 9 % des cas
ont été notées, dominés par la
sclérodermie ( 7 cas),
un syndrome de Gougerot Sjögren ( 6 cas).
Sur le plan immunologique, les anticorps
anti-nucléaires étaient positifs dans 90,9 % des cas, les anticorps anti-DNA
natifs dans 59,6 % des cas. Les
anti -Sm étaient positifs dans 8 cas et le facteur
rhumatoïde dans 15 cas.
Sur le plan thérapeutique, 92,8 % des
patients ont reçu une corticothérapie, 36,8 % des antipaludéens de synthèse,
18,7 % du cyclophosphamide et 2
patients du chloraminophène.
Sur le plan évolutif, nous avons noté 13
décès et 44 patients perdus de vue. Les décès sont dominés par les causes
infectieuses. Nous avons notés 39 complications infectieuses, 28 insuffisance
rénales et 20 complications
iatrogènes.
Nous avons revu nos résultats à la lumière
des données de la littérature, et nous constatons que notre série se
singularise par une grande fréquence de l'atteinte cutanée, rhumatologique et
hématologique et les complications infectieuses et iatrogènes.
LE LUPUS ERYTHEMATEUX SYSTEMIQUE EN TUNISIE
Etude multicentrique * Nationale. A propos de 295 observations
B.
LOUZIR, S. OTHMANI, M. BAHRI
et
le Groupe d'Etude du Lupus Erythémateux Systémique de la STMI
Introduction :
Le Lupus
érythémateux systémique est une maladie auto-immune fréquente dotée d'un grand
polymorphisme clinique caractérisée par la production d'anticorps
antinucléaires et particulièrement d'anticorps anti ADN natif .
Le but de
cette étude est de préciser le profil épidémiologique, clinique immunologique
et évolutif de cette affection en TUNISIE.
Malades et Méthodes :
Il s'agit
d'une étude rétrospective multicentrique initiée par la Société Tunisienne de
Médecine Interne avec la participation de 16 Services de Médecine Interne,
Maladies Infectieuses, Rhumatologie, Dermatologie et Néphrologie.
295 dossiers ont été retenus devant l'existence d'au
moins 4 critères de L'ACR.
Résultats :
Il s'agit
de 271 Femmes et 24 hommes âgés en moyenne de 31 ans (avec des
extrêmes de 9 et 80 ans).
Un facteur déclenchant est noté dans 74 cas (25%).
Des signes généraux sont notés dans environ deux
tiers des cas, particulièrement
asthénie (62%) et fièvre
(56%).
L'atteinte cutanée est observée dans 82% des cas, il
s'agit essentiellement d'érythème en vespertilio (76%). Le Lupus band test est
positif dans 75% des
observations.
L'atteinte rhumatologique est extrêmement fréquente
(90%), inaugurale dans 79%
des cas à type
d'arthralgies dans 167 cas, oligo ou polyarthrite aiguë dans 92 cas.
Les manifestations respiratoires notées dans 26% des
cas sont dominées par
l'atteinte pleurale (84%).
* : Services de Médecine Interne : Hôpital
charles Nicole 10/4 - Hôpital HabibThameur -
Hôpital Militaire de Tunis -
Hôpital Fattouma Bourguiba de Monastir - Hôpital Mongi Slim La Marsa - Hôpital
Razi Manouba - Hôpital Régional de
Menzel Bourguiba - Hôpital Régional de Bizerte - Hôpital des Forces de Sécurité
Intérieur La Marsa - Hôpital Militaire de Gabès.
Service de Médecine Interne et Maladies Infectieuses
Hôpital Farhat Hached de Sousse.
Services de Rhumatologie : Hôpital La Rabta,
Hôpital Mongi Slim La Marsa - Hôpital Farhat
Hached Sousse.
Services de Dermatologie : Hôpital Farhat
Hached de Sousse - Hôpital Charles Nicolle ,
Tunis.
L'atteinte cardiaque est observée chez 93 malades
(32%) elle est inaugurale dans 42% des cas, il s'agit d'une péricardite chez 81
patients associée dans 27 cas à un épanchement pleural. Une tamponnade est
observée chez 5 malades.
Une myocardite est notée chez 22 patients.
L'endocardite de Libman Sacks non recherchée systématiquement est retrouvée
chez 16 malades compliquée dans un
cas d'une greffe
oslérienne.
Les atteintes vasculaires sont présentes chez 113
malades (38%) où le syndrome de
Raynaud est le plus
fréquent : 67 cas.
Les thromboses veineuses
sont rares notées chez seulement 15 malades (5%).
Les atteintes rénales sont notées chez 164 malades
(56% des cas), elles surviennent dans 60% des cas au cours de l'évolution.
La protéinurie est quasi-constante et le syndrome
néphrotique est observé dans 43% des cas, l'insuffisance rénale est notée dans
28% des cas. 95 malades (58% de patients avec atteinte rénale) ont bénéficié
d'au moins une ponction biopsie rénale. L'examen histologique a conclu à une
glomérulonéphrite classe III (37%), classe IV (31%), classe V (21%), classe II
(7%), classe I (3%) et des associations classe III et V
ont été observées chez 5
patients (5%).
53 malades ont présenté des manifestations
neurologiques le plus souvent retardées. Il s'agit essentiellement d'une
atteinte du système nerveux central : 43 patients (14%). L'atteinte du système
nerveux périphériques est plus rare (3% des
cas).
Les manifestations psychiatriques sont présentes
chez 39 malades dont 28 sont
apparues sous corticothérapie.
L'atteinte hématologique est très fréquente notée
chez 228 malades, à type de lymphopénie (47%), leucopénie (45%), thrombopénie
(16%) et anémie hémolytique
(7%).
L'atteinte digestive est rare, les douleurs
abdominales observées chez 26 malades
n'ont aucune spécificité.
L'ascite lupique est par contre notée chez 26 malades (9%).
51 patients ont présenté des pathologies associées,
il s'agit le plus souvent d'un
syndrome de Gougerot
Sjögren 35 cas (12%).
Sur le plan biologique, la
vitesse de sédimentation est supérieure à 40mm la
première heure dans 83% des observations.
La CRP est normale dans 51% des cas, supérieure à
60mg/l dans 11% des cas. Une
hypergammaglobulinémie
polyclonale est notée chez 7 malades sur 10.
Les AC
antinucléaires, anti ADN natif et anti Sm sont positifs respectivement dans 92,
74 et 57% des cas.
Les AC anti cardiolipines recherchés chez 140
malades étaient positifs dans 56% des cas le plus souvent de type IgG.
Une hypocomplémentémie C4 est notée dans 76% des cas
et une hypo -
complémentémie C3 est
présente chez 60% des malades.
Outre
les traitements locaux (photoprotecteurs et pommade cortisonique), le
traitement par voie générale a utilisé les corticoïdes dans 83% des cas. Chez
un malade sur quatre, la corticothérapie a été débutée par des bolus de
Solumédrol en raison essentiellement d'une atteinte rénale sévère (77%). La
durée du traitement corticoïde est supérieure à 2 ans dans 56% des cas.
Les complications de cette corticothérapie sont
dominées par l'infection (42%) le diabète (13%), la myopathie cortisonique
(7,5%), l'ostéoporose (7%) et ostéonécrose
aseptique (5,7%).
43
patients (14%) ont bénéficié d'un traitement immunosuppresseur par
cyclophosphamide, le plus
souvent en bolus.
170 malades (58%) ont été traités par des anti paludéens de
synthèse.
218
patients sont suivis avec un recul moyen de 4 ans. 62 patients (28%) sont en
rémission complète, dans 60% des cas la maladie lupique évolue par poussées
essentiellement
cutanéoarticulaire, rénale et hématologique.
Nous
déplorons 29 décès (9,8% des cas) de cause essentiellement rénale (12 cas),
infectieuse (9 cas) et cardio-vasculaire (9 cas).
Conclusion :
Cette étude souligne la fréquence du
LES en Tunisie, sa gravité en raison essentiellement de l'atteinte rénale,
cardiovasculaire et des complications infectieuses favorisées par la
corticothérapie.