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LE TRAITEMENT CHIRURGICAL DE L’OBESITE
Pr Raouf CHERIF
I/ INTRODUCTION :
La prise en charge de l’obésité sévère représente aujourd’hui un enjeu important tant sur le plan médical qu’économique et social.
Les études démographiques récentes montrent une augmentation de la prévalence de l’obésité dans l’ensemble des pays occidentaux, où cette maladie chronique est devenue un problème de santé publique.
Cette maladie touche toutes les tranches d’âge mais plus encore les sujets jeunes dont le mode de vie a connu des modifications notables des habitudes alimentaires et de l’hygiène de vie.
Les changements majeurs de la production, de la transformation, de la distribution et de la consommation alimentaire entraînent des conditions propices au développement de l’obésité (densité calorique).
A cette évolution des modes alimentaires, s’ajoutent les effets de la réduction globale de la dépense énergétique (sédentarité).
(Obésité : densité calorique + sédentarité).
Les limites des traitements médico-diététiques sont bien connues, car leur efficacité inconstante et souvent modeste est gravée d’un taux élevé de récidive.
C’est devant ce constat qu’a été élaboré le concept du traitement chirurgical de l’obésité ou « chirurgie bariatrique ».
Mais cette chirurgie, décrite il y a un demi-siècle, a gardé une image négative et c’est l’apparition vers les années 90 des anneaux de gastroplastie ajustables et posés par laparoscopie qui a marqué le développement de cette chirurgie.
Le traitement de l’obésité vise 3 objectifs principaux :
1/ la prévention et le traitement des complications
2/ la réduction durable de l’excès de poids dans des conditions
réalistes
3/ le bien être physique, psychologique et social.
Les outils du traitement sont :
Ø
l’activité physique
Ø
les conseils
diététiques
Ø
les
médicaments
Ø et parfois la chirurgie
II/ DEFINITION :
Définir médicalement l’obésité suppose, en toute rigueur, que l’on soit en mesure d’évaluer la masse grasse (ce qui suppose des méthodes sophistiquées).
En pratique clinique, l’obésité est définie à partir d’un indice de corpulence prenant en compte des éléments simples : le poids et la taille.
L’index de masse corporelle (IMC) kg/m2 fournit une évaluation satisfaisant de l’importance de la masse grasse.
Un seuil d’IMC à partir duquel, selon les études épidémiologiques, la mortalité augmente significativement a été fixé à 30 kg/m2.
Classification
|
IMC (kg/m2) |
|
Valeur de référence |
18.5 – 24.9 |
|
Surpoids |
25 – 29,9 |
|
Obésité : - modérée - sévère - très sévère |
30.0 – 34,9 35 – 39,9 > 40.0 |
Classification de l’obésité
Le caractère pathologique de l’obésité, même modérée, étant bien établi,
L’expression « obésité morbide » a été initialement proposée au début des années 1960, pour caractériser les patients atteints des formes les plus graves de l’obésité. La dénomination « obésité sévère » lui est plus volontiers préférée aujourd’hui.
Malgré la persistance de quelques variations d’un auteur à l’autre, l’obésité sévère est généralement définie par un indice de masse corporelle supérieure ou égale à 40 (classe 3 de l’OMS) ou à 35 (classe 2 de l’OMS) s’il est associé à une ou plusieurs comorbidités significatives de l’obésité.
Le qualificatif « obésité massive » ou « super obésité » est habituellement réservé aux patients dont l’IMC dépasse 50 kg/m2.
III/ EPIDEMIOLOGIE :
A – Fréquence :
Plusieurs études épidémiologiques récentes ont montré que l’augmentation rapide de la prévalence de l’obésité dans tous les pays occidentaux était encore plus marquée pour l’obésité sévère.
Aux Etats Unis : la prévalence de l’obésité de classe 3 a en effet triplé en 10 ans pour atteindre selon les études et l’âge des sujets de 2,2 % à 5,9 % de la population générale (1).
En Royaume Uni : ce chiffre atteignait en 1998, 0,6 % pour les hommes et 1,9 % pour les femmes.
En France, en 2003 : 0,6 avait un IMC supérieur à 40 kg/m2 soit 2 fois plus que 6 ans auparavant (2).
En Tunisie, la prévalence de l’obésité est en nette progression surtout chez les jeunes.
B - les phases de l’obésité :
Les déterminants de l’obésité humaine sont multiples. Si la génétique joue manifestement un rôle dans le développement de l’obésité, elle ne permet pas d’expliquer la spectaculaire progression de la prévalence de la maladie sous l’influence des évolutions de la société mais l’hypothèse du « gène d’épargne » est actuellement au cœur de la conception génétique de l’obésité humaine.
Par ailleurs, l’obésité évolue en plusieurs stades correspondant à des situations bien distinctes.
C - les complications de l’obésité :
Les principales complications de l’obésité
et les pathologies associées :
(Tableau 1 :
voir annexe).
Chez les sujets
âgés de 50 ans, l’obésité sévère est associée à une augmentation significative de
la quasi totalité des facteurs de risque cardiovasculaire tel que : la
tension artérielle, la glycémie l’insulinémie, la triglycéridémie et une
diminution du cholestérol HDL.
Le tableau suivant
illustre l’augmentation significative de la prévalence des maladies
cardiovasculaires de l’HTA, du diabète, de la dyspnée, des lombalgies et de la
lithiase biliaire chez les patients obèses (Tableau 2 : voir annexe).
La qualité de vie de patient atteint d’obésité sévère est également significativement altérée.
L’association linéaire ou au moins curviligne (courbe en J ou U) de la mortalité et de l’IMC a été confirmée par de nombreuses études épidémiologiques.
Dans la population générale, les patients dont l’IMC dépasse 40 kg/m2 ont en effet un risque global de décès augmenté de 100 % pour les femmes et de 158 % pour les hommes (4).
Avant l’âge de 30 ans, un IMC supérieur à 45 kg/m2 est associé à une diminution de l’espérance de vie de 13 ans chez l’homme et de 8 ans chez la femme (5).
Récemment, une étude prospective a également montré que le risque de décès par cancer était accru de plus de 50 % chez les patients dont l’IMC est > 40 kg/m2 (6).
C’est le risque de décès par maladie cardiovasculaire, principale cause de décès chez les obèses, qui est le plus augmenté.
IV/ LE TRAITEMENT
A -
les principes de la chirurgie :
Le concept du traitement chirurgical
de l’obésité n’est pas récent, il est né Suède en 1952 avec les premières
résections intestinales réalisées. Depuis, plusieurs dizaines de techniques
différentes ont été décrites.
C’est aux Etats
Unis, au début des années 1960, que la chirurgie de l’obésité a pris son
véritable essor avec les dérivations intestinales d’abord jéjuno-coliques puis
jéjuno-iléales.
Le déclin des
dérivations intestinales a été favorisé par l’essor des dérivations
gastro-jéjunales (gastric by- pass).
Le cerclage
gastrique a été introduit en 1981 par WILKINSON puis amélioré en 1985 par la
description des anneaux ajustables par KUZMAK aux Etat Unis et Hallberg au
Suède.
Cette alternative à
la gastroplastie moins invasive et plus facilement réversible a réellement pris
son essor à partir de 1993 grâce à la mise au point d’anneaux adaptés à la
laparoscopie.
Comme pour
l’ensemble de la chirurgie viscérale, l’avènement de la laparoscopie a
constitué un progrès majeur pour la chirurgie bariatrique et a largement
contribué à son développement spectaculaire. D’abord maîtrisée pour le cerclage
gastrique, la laparoscopie a été progressivement étendue aux interventions plus
complexes comme la gastroplastie verticale calibrée, la dérivation
gastro-jéjunale ; la grande majorité des interventions sont aujourd’hui
réalisées par laparoscopie
Comme on l’a dit en
introduction, le traitement de l’obésité vise 3 objectifs :
Ø
la prévention et le traitement des complications
Ø
la réduction durable de l’excès de poids
Ø
le bien être physique, psychologique et social
Ainsi l’évaluation
des résultats d’un traitement de l’obésité doit prendre en compte non seulement
la perte de poids mais aussi la diminution des comorbidités associées et l’amélioration
de la qualité de vie.
De prime à bord,
l’abondante littérature médicale décrivant le résultat de la chirurgie
bariatrique semble indiquer sa nette supériorité sur l’ensemble des autres
traitements aujourd’hui disponibles pour les patients atteints de l’obésité
sévère.
L’analyse par
différents groupes d’experts des études publiées sur la chirurgie bariatrique
bien qu’elle ne soit pas exempte des critiques permet de dégager un certain
nombre de conclusions pour les trois principaux objectifs :
1
- La perte de poids :
Peu d’études
prospectives ont comparé les résultats de la chirurgie avec ceux des
traitements conventionnels, l’étude de la Swedesh Obesity Subjects (SOS) (7) a montré la supériorité
de la chirurgie chez des patients atteints d’obésité sévère (IMC supérieure à
34 chez les femmes et 38 chez les hommes).
La dérivation
gastro-jéjunale semble permettre une perte de poids supérieure à celle obtenue
avec la gastroplastie et le cerclage.
2
- Amélioration des comorbidités :
L’analyse des
facteurs de risque cardiovasculaires dans l’étude SOS a également permis de
confirmer l’effet bénéfique du traitement chirurgical sur la plupart d’entre
eux (7).
L’un des effets les
plus spectaculaire du traitement chirurgical de l’obésité est la correction du
diabète. Les résultats de l’étude SOS ont en effet confirmé qu’une perte de poids
supérieure à 12 % permettait de corriger le diabète dans la quasi-totalité des
cas et que la chirurgie réduisait son incidence. Huit ans après l’intervention,
le risque relatif de diabète était divisé par 5 chez les patients opérés.
La chirurgie permet
également de réduire au long cours la tension artérielle systolique et
l’incidence de l’hypertension reste diminuée chez les patients ayant bénéficié
d’une dérivation gastro-jéjunale (8)
(Tableau 3 : voir annexe).
3
- la qualité de vie :
La santé mentale et
le statut psychosocial (incluant les relations sociales et les opportunités de
travail) sont améliorés chez la plupart des patients ayant subi une chirurgie
bariatrique ce qui entraîne une amélioration de la qualité de vie.
Les
comorbidités psychiatriques et notamment
les désordres affectifs et les symptômes psychopathologiques diminuent après la
chirurgie.
B - les techniques
chirurgicales :
Deux grands types
d’interventions sont actuellement pratiqués :
Ø
Les interventions visant à restreindre la capacité
gastrique : les gastroplasties (gastroplastie verticale calibrée,
gastroplastie horizontale) et les anneaux gastriques ajustables (2 types sont
valides).
Ø
Les interventions associant à une réduction de la capacité
gastrique une technique de dérivation intestinale (cour-circuit gastrique,
dérivation bilio-pancréatique) qui entraîne un degré de malabsoption.
Les courts circuits
intestinaux isolés ont été en grande partie abandonnés en raison des
complications métaboliques qu’ils entraînent.
1 - Les
interventions de réduction gastrique :
o
La gastroplastie verticale calibrée (GVC) ou intervention de
Mason.
Plusieurs variétés
de cette intervention ont été décrites.
o
Les anneaux de gastroplasties sont de diffusion plus récente,
leur principe
repose sur la réalisation d’un bandage circulaire de la partie haute de
l’estomac à l’aide d’un anneau modulable.
La particularité de
cette technique est d’être ajustable, réversible et réalisable par
laparoscopie.
2
- Les interventions mixtes associant réduction de capacité
gastrique et
dérivation intestinale :
Le court circuit
gastrique (by pass gastrique BPG) : la poche gastrique dans le court
circuit est réalisée le long de la petite courbure par agrafage (gastroplastie
verticale) ; L’anse en Y est longue de
La perte du poids
est due à la réduction de la capacité gastrique et à la diminution de
l’absorption des aliments liés à la création du court circuit.
C
- Les indications et les contres indications :
La chirurgie doit s’inscrire
dans une stratégie cohérente, conduite par le médecin traitant, la prise d’une
telle décision nécessite, de la part du clinicien et du patient, une évaluation
précise du rapport bénéfices/risques.
La chirurgie ne
peut s’envisager qu’après un suivi médical spécialisé d’au moins 1 an
incluant une combinaison de mesures thérapeutiques adaptées.
Seuls les patients,
résistants à la thérapeutique conventionnelle et exposés à des comorbidités non
contrôlées par le traitement médical, sont des candidats potentiels.
Le délai de 1 an
vise aussi à laisser le temps au médecin pour évaluer :
Ø
la motivation des patients,
Ø
les autres possibilités thérapeutiques,
Ø
l’adhésion du patient au suivi médical.
Au terme du suivi
médical, la décision d’intervention doit être prise par une équipe
multidisciplinaire comprenant :
Ø
le médecin traitant (Nutrition – Endocrino),
Ø
le psychiatre et/ou le psychologue,
Ø
le chirurgien et l’anesthésiste.
Il s’agit d’une
décision collégiale s’inscrivant dans un projet médical global, au long cours,
dont l’acte chirurgical est une étape majeure mais non exclusive.
-
Il faut insister sur le rôle des anesthésistes qui doivent
être habitués à cette chirurgie.
-
L’équipe médicochirurgicale doit être capable d’assurer un
parfait contrôle des complications.
-
Les risques anesthésiques et post-opératoires doivent être
acceptables et précisés au patient.
-
Le soutien familial et social est un élément pronostic
important car la chirurgie conduit à des transformations relationnelles,
parfois majeures.
1 - Les indications :
Les indications de
la chirurgie de l’obésité ont fait l’objet de plusieurs recommandations basées
sur les consensus professionnels :
La chirurgie de
l’obésité est donc réservée à des malades sélectionnés dont l’IMC est supérieur
ou égal à 40 kg/m2 ou supérieur ou égal à 35 kg/m2 avec
des facteurs de comorbidités.
Ces indications
doivent respecter les recommandations citées ci-dessus.
La chirurgie de
l’obésité doit être réservée à l’adulte et la limite inférieure est estimée à
18 ans, il n’y a pas de limite supérieure pour l’âge mais le rapport
bénéfices/risques de l’intervention est beaucoup moins favorable chez les
sujets âgés.
Quant au choix de
l’intervention à proposer pour chaque patient, il faut tenir compte de
plusieurs facteurs dont :
Ø
la personnalité du patient,
Ø
l’IMC
Ø
le comportement alimentaire.
La jeune femme,
désirant avoir des enfants, non hyper phage, sans
hernie hiatale,
sans troubles majeurs de comportement alimentaire (type sweet eater, compulsif
ou vomissements) avec un IMC de 40 et 45 le cerclage gastrique est la méthode
de choix.
Les patients hyper-obèses avec un IMC
supérieur à 50 kg/m2, porteur ou non d’une hernie hiatale,
présentant des troubles du comportement alimentaire, doivent bénéficier d’un
court circuit gastrique.
D’autres techniques
sont moins fréquemment utilisées et leurs indications restent nuancées.
2 - Les contres
indications :
Les contres
indications moins fréquemment abordées ont été cités dans les recommandations
françaises :
-
Les troubles psychiatriques graves (schizophrénie, tendances
suicidaires, troubles de la personnalité et du comportement)
-
Les troubles du comportement alimentaire (boulimie)
-
L’alcoolisme
-
La toxicomanie
-
Les pathologies évolutives menaçant le pronostic vital
(cancer, pathologie inflammatoire chronique du tube digestif).
-
Les contres indications à l’anesthésie générale.
D
- Les résultats :
1
- Mortalité :
Globalement, le
risque de décès peri-opératoire peut être estimé entre 0,1 et 2 %.
Les résultats
observés dans l’étude SOS (0,2 %) sont similaires à ceux retrouvés dans
l’enquête menée par l’Association française de Chirurgie (rapport du 106ème
Congrès 2004).
Les causes de ces
décès sont variables, infection et embolie pulmonaire.
Les risques
associés au traitement chirurgical dépendent bien sur étroitement des
caractéristiques de la population considérés (IMC, comorbidité, âge et type de
l’intervention réalisée).
2
- Les complications post –opératoires immédiates :
Ø
infection
Ø
hémorragie
Ø
complication thrombo-embolique
3
- Les complications à distance :
Ø
intolérance alimentaire
Ø
dilatation oesophagienne
Ø
occlusion
Ø
dilatation gastrique
Ø
glissement et migration de l’anneau
Ø
complications liées au réservoir
Ø
l’amaigrissement rapide – L. biliaire
Ø
perturbations métaboliques et des carences nutritionnelles
spécifiques (protéine, fer, glucide, vitamine B12, B1 ….)
Les patients opérés
doivent impérativement faire l’objet d’un suivi médical régulier et prolongé
afin de détecter les complications potentielles et les prévenir ou les traiter
par une prise en charge adaptée.
E - Le suivi et
l’évaluation :
Le suivi médical
des malades opérés est impératif car :
§
le matériel implanté peut être source de complication (rupture
des tubulures, retournement de boîtier),
§
un contrôle
radiologique régulier de montage chirurgical est recommandé afin de dépister
une dilatation de poche, une malposition de l’anneau,
§
le traitement des comorbidités doit être surveillé et adapté
(anti-diabétiques, anti-hypertendu).
§
les courts circuits gastriques peuvent entraîner des carences
nutritionnelles et des suppléments en fer, vit B12 folat doit être assuré. La
surveillance se fait tous les 2 mois la première année, tous les 6 mois la 2ème
année.
Le suivi et
l’évaluation sont étroitement liés car les résultats de cette chirurgie ne
devraient être évalués qu’à long terme.
Comme on l’a déjà
annoncé, l’évaluation des résultats d’un traitement chirurgical de l’obésité
doit prendre en compte :
Ø
la perte du poids (EWL : le critère de choix)
Ø
la diminution des comorbidités
Ø
et l’amélioration de la qualité de vie
Elle doit se faite
idéalement à 5 ans mais jamais avant 1 à 2 ans, une fois le poids stabilisé.
V/ CONCLUSION :
L’analyse
des études publiées confirme la nette supériorité du traitement chirurgical sur
les traitements conventionnels de l’obésité sévère, différentes techniques
permettent une perte de poids dépassant
les 30 % du poids
initial pendant au moins 10 ans, avec une amélioration durable de la plupart
des facteurs de risque cardio-vasculaire, et une nette diminution de
l’incidence du diabète.
La chirurgie ne
peut s’envisager qu’après un suivi médical spécialisé d’au moins 1 an et la
décision d’intervenir doit être prise par une équipe multidisciplinaire. Il
s’agit d’une décision collégiale s’inscrivant dans un projet médical global au
long cours.
Les techniques
chirurgicales généralement recommandées comprennent le cerclage
gastrique, la dérivation gastro-jéjunale (By pass gastrique),
la gastroplastie
verticale calibrée ou la dérivation bilio-pancréatique peuvent être réalisées
par laparoscopie.
Un suivi médical et
chirurgical durable est indiqué sous la responsabilité du médecin qui a posé
l’indication opératoire et l’équipe multidisciplinaire qui a pris en charge le
patient.
Mais malgré son
efficacité, la chirurgie bariatrique ne constitue pas la réponse idéale ni
définitive à l’accroissement de la prévalence et de la gravité de l’obésité.
Un certain nombre
d’action et une stratégie de prévention doivent être proposés à toute la
population avec une prévention orientée sur les sujets à risque.
Principales complications des obésités et
pathologies de l’adulte
|
Complications |
Conséquences et pathologies associées |
|
Psychosociales |
Altération de la qualité de vie Discrimination, préjudice Altération de l’image et de l’estime de
soi Conséquences des régimes restrictifs |
|
Cardio-vasculaires |
Insuffisance coronarienne Hypertension artérielle Accidents vasculaires cérébraux Thromboses veineuses profondes Embolies pulmonaires Insuffisances cardiaques Dysfonction végétative Insuffisance respiratoire |
|
Respiratoires |
Syndrome d’apnée du sommeil Hypoventilation alvéolaire Hypertension artérielle pulmonaire |
|
Ostéo-articulaires |
Gonarthrose Lombalgies Troubles de la statique |
|
Digestives |
Lithiase biliaire Stéatose hépatique Reflux gastro-oesophagien |
|
Cancers |
Homme : prostate, colo-rectal, voies
biliaires. Femme : endomètre, voies biliaires, col
utérin, ovaires, sein, colo-rectal |
|
Métaboliques |
Insulinorésistance, diabète de type 2 Dyslipidémie Hyperuricémie, goutte Altération de l’hémostase |
|
Endocriniennes |
Infertilité Dysovulation |
|
Rénales |
Protéinurie Glumérulosclérose |
|
Autres |
Hypersudation Lymphoedème Œdèmes Hypertension intracrânienne Complications obstétricales Risque opératoire |
Risque relatif des
co morbidités les plus fréquentes chez les patients atteints d’obésité sévère
(d’après Kral) (3)
|
Risque relatif* |
Femmes |
Hommes |
|
Maladies cardio-vasculaires : - artérite des membres inférieurs - angor - infarctus du myocarde - accident vasculaire cérébral |
25,0-100,0 7,0-35,0 0,7 0,7 |
5,0 15,0 5,0 _ |
|
Hypertension artérielle |
1,5-5,3 |
1,8 |
|
Diabète |
8,0-20,0 |
5,0 |
|
Dyspnée |
5,5 |
4,0 |
|
Lombalgie |
1,5-2,0 |
2,0 |
|
Lithiase biliaire |
2,5 |
1,5 |
* Chez les patients dont l’IMC est
supérieur à 35 kg/m2 par rapport à la population générale
Fréquence des comorbidités
chez les patients de l’étude SOS ayant bénéficié du traitement conventionnel ou
du traitement chirurgical,
2 et 8 ans après
l’inclusion (d’après Sjöstrom) (8)
|
Co morbidités |
Suivi |
Traitement
conventionnel (%)* |
Chirurgie (%)* |
Odds ratio** |
|
Hypertension |
2 ans |
13,6 |
5,4 |
0,38 |
|
8 ans |
25,8 |
26,4 |
NS*** |
|
|
Diabète |
2 ans |
6,3 |
0,2 |
0,02 |
|
8 ans |
18,5 |
3,6 |
0,20 |
|
|
Apnée du sommeil |
2 ans |
20,0 |
8,0 |
0,40 |
|
Hyperinsulinisme |
2 ans |
6,3 |
0,2 |
0,10 |
|
Hypertriglycéridémie |
2 ans |
7,7 |
0,8 |
0,10 |
|
Hypocholestérémie HDL |
2 ans |
8,6 |
3,0 |
0,28 |
|
Hypercholestérémie totale |
2 ans |
12,1 |
14,9 |
NS |
* Les groupes « traitement
conventionnel » et « chirurgie » comprenaient respectivement 712
et 767 patients à 2 ans, et 232 et 251 patients à 8 ans.
** Odds ratio ajusté pour l’âge, le sexe,
le poids initial et le tabagisme.
*** Non
significatif.
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