LES GRANULOMATOSES : Définition – Anatomo - Pathologie

Pr. KCHIR N.

Service d’ Anatomie Pathologique – Hôpital La Rabta.


Introduction - Définition

Mécanisme

Diagnostic anatomopathologique - Les différents types de granulome

l’identification de l’agent pathogène

Place de l’anatomie pathologique dans le diagnostic des granulomatoses


I/ Introduction - Définition :

Le terme de granulome inflammatoire utilisé sous forme simplifiée désigne les éléments cellulaires habituellement observés dans un foyer inflammatoire.

Le terme de granulome peut être assorti d’un adjectif qui précisera :

De façon générale le terme d’inflammation spécifique désigne des inflammations granulomateuses particulières dits tuberculoïdes.

Ces inflammations granulomateuses tuberculoïdes sont constituées d’un granulome épithélioïde et giganto-cellulaire, entouré en périphérie d’une couronne lymphocytaire.

Par définition, un granulome est un petit amas de 0,5 à 2 mm de diamètre, fait de cellules épithélioïdes et géantes, entourées d’une couronne lymphocytaire. Sa description remontre à plus de 150 ans.

Les antigènes responsables de ce granulome tuberculoïde appelé ainsi du fait de sa ressemblance au granulome de la tuberculose, sont très divers : bactériens (tuberculose, brucellose), mycosiques 

( histoplasmose ..), parasitaires  ( bilharziose .), chimiques (béryllium ..).

La présence de granulomes épithélioïdes permet donc d’orienter dans certains cas l’étiologie de l’affection.

Mais ces granulomes sont d’étiologie variée et l’image histologique ne permet pas bien souvent à elle seule de conclusion formelle.

Il est donc nécessaire de confronter les données cliniques, avec la bactériologie, l’immunologie…

L’atteinte de plusieurs organes par ces granulomes tuberculoïdes, est désignée par le terme de granulomatose systémique.

Les deux principales causes en Tunisie sont la tuberculose et la sarcoïdose

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II/ Mécanisme :

La formation du granulome est due à la difficulté de dégradation et de digestion d’une particule étrangère par un macrophage.

Cette particule étrangère non dégradée peut-être un agent infectieux ou un corps étranger…

Ainsi , après le processus de phagocytose, cet antigène va persister dans le cytoplasme du macrophage, sous forme de phagolysosomes.

Schématiquement, la formation du granulome va se dérouler en 3 étapes :

1ère étape :

Le macrophage présente aux lymphocytes T, les peptides antigéniques, grâce aux complexes majeurs, d’histocompatibilité de classe II, présents à la surface du macrophage. Si les récepteurs du lymphocyte T, reconnaissent, la liaison peptides antigéniques et complexes majeurs d’histocompatibilité, il en résulte une activation de la digestion de l’antigène.

2ème étape :

Dans certains cas, l’agent microbien peut développer une résistance contre le pouvoir de destruction du macrophage, et va persister longtemps dans le cytoplasme. La sécrétion des cytokines par les macrophages activés et par les lymphocytes T est responsable du recrutement de macrophages et lymphocytes T.

3ème étape :

L’accumulation des lymphocytes , et des macrophages transformés en cellules épithélioïdes et cellules géantes, entraîne la formation du granulome.

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III / Diagnostic anatomopathologique - Les différents types de granulome :

La population cellulaire d’un granulome renferme de nombreux éléments inflammatoires.

1/ Population cellulaire :

Autour de la zone agressée, s’accumulent des cellules mononucléées, mêlées à quelques polynucléaires.

Ces cellules mononucléées proviennent de la moelle osseuse et sont apportées par le sang : monocytes et lymphocytes. Elles sont capables de se diviser localement et peuvent subir des métamorphoses : transformation du lymphocyte en immunoblaste, transformation du onocyte en histiocyte macrophage, en cellule épithélioïde et en cellule géante.

Les cellules épithélioïdes donnent naissance aux cellules géantes par fusion avec des macrophages.

Le nombre des noyaux est variable et leur disposition permet de distinguer :

2 / Les caractères du granulome :

La prédominance de plasmocytes et de lymphocytes dans le granulome est un élément d’orientation.

Cependant, la seule cellule dont la morphologie puisse varier est l’histiocyte qui selon l’agent étiologique, peut prendre plusieurs aspect : lipophage, sidérophage, mélanophage …

Des macrophages de morphologie particulière caractéristique de certaines maladies sont décrites : la lèpre, la typhoïde , le rhinosclérome, la maladie de Whipple …

3 / Les différents types de granulome :

Ainsi selon la population cellulaire, différents type de granulome sont décrits :

- granulome épithélioïde et giganto-cellulaire : tuberculose et lésions tuberculoïdes.

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IV / l’identification de l’agent pathogène :

Cette identification est parfois aisée sur coupes histologiques, ex : kyste hydatique, et nécessitant des colorations spéciales : la coloration de Ziehl pour visualiser le bacille de Koch …, le PAS pour les parasitoses.

Dans certains cas , on a recours à des techniques plus élaborées, telles que l’immunofluorescence, l’immunohistochimie, la méthose par PCR… pour identifier l’agent causal.

Il faut également savoir que certaines affections demeurent à nos jours idiopathiques (ex : maladie de Crohn ).

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V / Place de l’anatomie pathologique dans le diagnostic des granulomatoses :

La découverte d’une lésion granulomatose sur préparations histologiques, et ceci quelque soit l’organe ( ganglion, foie, poumon ….) intéressé doit déclencher une enquête étiologique.

( certains granulomes dits spécifiques : la présence d’une nécrose caséeuse , ou l’identification d’une mycose …. permettent d’évoquer une étiologie à cette granulomatose.

Dans d’autres situations, cette étape étiologique sera poursuivie par des explorations cliniques, radiologiques, bactériologiques, virologiques, immunologiques….

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