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MEDECINE INTERNE EN TUNISIE : Où en sommes-nous ?
Résultats de l'enquête d'opinions auprès des internistes tunisiens
Mohamed AISSAOUI, Amel BRAHAM, Abdelméjid B HAMIDA,
Mourad ENNAFAA, Skander M'RAD
Service de Médecine Interne, CHU Mongi Slim - La Marsa
Département de Médecine Préventive. Faculté de Médecine de Tunis
I - INTRODUCTION :
A l’occasion du 4ème congrès maghrébin et de la table ronde sur la Médecine Interne nous avons mené une enquête d’opinion auprès des internistes tunisiens.
Cette enquête s’est intéressée:
aux internistes eux-mêmes : âge, sexe, cursus de formation, mode d’exercice, motif du choix de la spécialité
à leurs opinions concernant la Médecine Interne : place qu’elle occupe dans le panorama médical, champ d'intérêt, formation, atouts et points faibles
aux perspectives d'avenir
Sur les 74 questionnaires envoyés, nous avons reçu 54 réponses ( taux de réponse de 73 %)
II- COMPOSITION DE LA POPULATION D’INTERNISTES :

REPARTITION SELON L’AGE :
La moyenne d'âge est 40 ans (26 - 62).
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REPARTITION SELON LE SEXE :

PARTITION SELON LE MODE d'EXERCICE :
RREPARTITION SELON LE GOUVERNERAT D'EXERCICE :
Sur les 21 gouvernerats que compte la Tunisie, 8 sont privés des services d'un interniste (tout mode d'exercice confondu) !

RREPARTITION SELON LA FACULTE D'ORIGINE :

Il faut noter que 50 internistes, sur les 54, ont suivi le cursus classique de spécialisation (4 années de résidanat sanctionnées par un examen de fin de spécialité).
• Seuls 3 internistes ont opté pour cette spécialité en deuxième choix, les autres s’étant volontairement "engagés " dans la médecine interne.
III - OPINIONS DES INTERNISTES SUR LA MEDECINE INTERNE :
• Combien sommes-nous ?
Entre 20 et 1000 selon les réponses de l’enquête, 73 en moyenne, ce qui est assez proche de la réalité.
• Durée de spécialisation :
Seuls 16 internistes considèrent que la durée de 4 ans de résidanat est suffisante. Pour les autres les durées de 5 ans (n = 25) et 6 ans (n = 11) de stages sont proposés : avec 3 ans de médecine interne et 2 ou 3 ans de stages optionnels
• Les atouts de l’interniste :
La grande majorité (n = 48) estime que l’interniste fait la différence par la prise en charge globale du patient. La capacité de synthèse paraît être un atout moins important (n = 18).
• Les points faibles de l’interniste :
Elle serait clairement le flou de la spécialité auprès du public (n = 44) et des autres spécialités ( n = 14) , l’absence de gestes restant aussi un handicap non négligeable (n = 30).
• Incitation de l’un de leurs proches à la carrière médicale :
Les internistes sont partagés (22 "pour", 19 "contre") sur l’encouragement d’un enfant ou d’un proche à faire une carrière médicale. Ceux qui les encourageraient, les orienteraient plutôt vers la Médecine Interne.
• Et si s’était à refaire :
Si s’était à refaire …. Nous ne retrouverions plus que 38 internistes : 9 auraient retourné leur veste pour une autre spécialité et 7 auraient complètement tourné le dos à la profession médicale.
• La spécialité la plus prestigieuse
Parmi 11 spécialités médicales, la spécialité la plus prestigieuse aux yeux de la population serait la Cardiologie. La Nutrition occupe l’ultime place (11ème). Et la médecine interne n'est que 6ème .
• La Cardiologie a atteint aux yeux des internistes le meilleur niveau de performance comparé à celui des pays les plus développés. Dans cette course la Rhumatologie clôture la marche. La Médecine Interne rate de peu le podium (4ème).
• Les qualités que requiert un interniste sont autant la primauté de la sémiologie (n = 21) clinique que l’importance du raisonnement diagnostique (n = 15) que la prise en charge globale du malade (n = 14).
• Le rôle de l’interniste est donc de traiter les connectivites et les vascularites, les états polypathologiques et faire de la médecine globale.
L’étiquette de spécialité des maladies rares a été énergiquement et quasi unanimement rejetée ( n = 53).
• Les rapports entre la médecine interne et la Médecine Générale restent imprécis (n = 25) alors que la Gériatrie est considérée comme faisant partie intégrante de la Médecine Interne (n = 33).
• Présent et avenir : la Médecine Interne a plutôt une situation difficile par rapport aux autres spécialités médicales (n =26). Elle ne serait en plein essor que pour une minorité des enquêtés (n = 12). Pour y remédier une grande majorité conseille de s’ouvrir sur des compétences complémentaires (Angiologie, Oncologie voire Gériatrie).
IV - CONCLUSION :
Ce tour de Tunisie nous montre que la course est semée d’embûches : mauvaise connaissance du public voire des confrères des autres spécialités, rattachement à la médecine générale, difficulté de s’imposer dans la libre pratique…
Les différents membres de l’équipe "médecine interne " doivent clairement se serrer les coudes pour espérer s’imposer dans le peloton de tête.