Mécanisme_de_l’auto-immunité_au_cours_de_l’hépatite_C
Manifestations_auto-immunes_au_cours_de_l’hépatite_C_
a/Les_désordres_immunitaires_non_spécifiques_:
La_cryoglobulinémie_:
La_périartérite_noueuse_(P.A.N)
La_glomérulonéphrite_membrano-proliférative_:
Le_syndrome_de_Gougerot-Sjögren
b/_Les_phénomènes_d’auto-immunité_proprement_dite_:
Les_auto-anticorps_non_spécifiques_d’organe_:
L’hépatite_auto-immune_:
La_thyroïdite_auto-immune_et_les_anticorps_anti-thyroïdiens_:
Particularités_de_l’hépatite_C_en_cas_d’association_à_des_manifestations_auto-immunes_:
Conséquences_de_l’association_des_manifestations_auto-immunes_sur_la_prise_en_charge_thérapeutique_des_hépatites_C_
• L’altération par le virus des protéines cellulaires qui deviennent auto-immunogènes
• L’homologie entre un antigène viral et un constituant cellulaire de l’hôte
• La stimulation par le virus de façon polyclonale des lymphocytes B, entraînant la production d’anticorps anti-tissus. Cette stimulation serait plus importante en cas de charge virale élevée.
Le virus de l’hépatite C est l’agent étiologique principal des cryoglobulinémies mixtes de type II et III, auparavant considérées comme essentielles.
La cryoglobulinémie, retrouvée dans 21 à 54 % des cas, peut être responsable de plusieurs manifestations surtout de type rénal, vasculaire, pulmonaire et neurologique.
Une évolution favorable de la cryoglobulinémie symptomatique peut être observée après un traitement anti-viral.
Les manifestations rénales sont fréquentes au cours de l’hépatite C. Une protéïnurie est en effet détectée dans 10 à 30 % des cas. Dans la majorité des cas, les lésions rénales sont caractéristiques d’une glomérulonéphrite membrano-proliférative, liée au dépôt de complexes immuns dans les glomérules. L’analyse de ces dépôts montre souvent des aspects évocateurs de complexes cryoglobulinémiques.
Le syndrome sec buccal isolé n’est pas rare au cours de l’hépatite C. L’examen histologique systématique des glandes salivaires de sujets atteints par le virus C, montre des lésions des glandes salivaires, à type de capillarite lymphocytaire dans environ 50 % des cas. La nature de ces lésions est très probablement auto-immune, en rapport avec un mimétisme moléculaire entre un ou des épitopes structuraux du virus C et des épitopes des glandes salivaires.
Plusieurs types d’auto-anticorps sont rencontrés au cours de l’hépatite C et pourraient être la conséquence d’une activation polyclonale des lymphocytes B par les complexes immuns formés de virions et d’anticorps anti-VHC, mettant en jeu les réponses cellulaires Th2
Les anticorps anti-nucléaires sont présents chez 10 à 33 % des patients infectés par le virus C, mais à des titres relativement faibles, rarement supérieurs à 1/100, et d’aspect moucheté dans la grande majorité des cas.
Les anticorps anti-muscle lisse sont présents chez 13 à 66 % des patients infectés par le virus C, également à des titres relativement faibles et n’ayant une spécificité anti-actine que dans 8 % des cas.
Les anticorps anti L.K.M1 sont présents chez 0,5 à 5 % des patients infectés par le virus C et sont dirigés contre certains antigènes microsomaux, comme les cytochromes P450 2A6 et 2A7, par mimétisme moléculaire, ce qui les différencie des anti LKM1 rencontrés au cours de l’hépatite auto immune de type 2, qui sont dirigés contre 4 épitopes du cytochrome P450 2D6.
Les anticorps anti-GOR sont présents chez 70 à 80 % des patients infectés par le virus C. Il s’agit d’anticorps spécifiques de la capside virale, ayant une réactivité croisée avec une portéïne cellulaire de l’hôte.
Les anticorps anti-mitochondries de type M2 sont présents chez environ
1 % des patients infectés par le virus C. Leur titre est en général relativement faible, inférieur à 1/50 et leur spécificité est différente de celle observée lors de la cirrhose biliaire primitive.
Enfin, l’équipe Tunisienne d’immunologie du professeur AYED a rapporté un cas d’hépatite C associée à des perturbations immunologiques avec présence d’anticorps anti-ribosomes.
• Les anticorps non spécifiques d’organe constituent un épiphénomène et ne doivent pas modifier la conduite thérapeutique de l’hépatite C. Leur présence n’influence pas les résultats du traitement aussi bien sur le plan efficacité que tolérance.
• Les anticorps spécifiques d’organe, comme les anticorps anti-thyroïdiens, constituent par contre une contre indication relative au traitement anti-viral par l’Interféron, du fait du risque d’aggravation de l’atteinte thyroïdienne. Si ce traitement est impératif, une surveillance stricte du bilan thyroïdien avec les endocrinologues est nécessaire et parfois un traitement hormonal substitutif est indiqué.
• Enfin, les maladies auto-immunes vraies, comme l’hépatite auto-immune, contre indiquent le traitement par l’Interféron et nécessitent un traitement par les immuno suppresseurs en premier.